une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







jeudi 15 septembre 2011

Psychologie de comptoir

Il semblerait que certains dirigeants de la terre en soient au même stade qu’Antonin : ne pas différencier son monde du monde extérieur. Ce qui peut expliquer leur égoïsme chronique. Leurs outres ont un contenu différent. Elles sont pleines d’ambitions malsaines, de pouvoir et d’argent. Ils réagissent tels des bébés, ils trouvent la sérénité lorsqu’ils en aspirent le contenu. Dans leur fusion, ils sont indifférents aux autres. Leurs propos ressemblent aux vagissements des bébés. Ils sont incohérents, et difficilement supportables. Ainsi pour avoir la paix, nous cédons. Nous sommes donc, en majorité, des vaches allaitantes.
 Je leur collerais bien une tétine, ou même, les bercerais bien tout près d’un mur. Pas un vulgaire mur en plâtre (je n’ai rien contre le plâtre), un mur en silex bien tranchants.
Si une étude d’ordre psychologique était exercée sur les puissants de ce monde, nous serions étonnés du résultat et ils seraient mis à l’isolement dans un hôpital psychiatrique ou dans une crèche. Rassurez-vous, ils seraient maintenus à l’écart de nos petits bouts de choux.

Le prochain Week-end s’annonce pluvieux, nous allons sûrement rester au chaud sous la couette à écouter les douces vocalises de notre chérubin et à subir les facéties de notre « chérubine ».

mercredi 14 septembre 2011

La rentrée

Retour sur le blog

Je prends la plume après une longue interruption due à ma fainéantise. Je prends la plume au sens littoral du terme. Oui, mon nègre préféré m’a abandonné. Il ne supportait plus les hurlements d’Antonin. Encore un qui est contre la liberté d’expression. Mon incompétence rédactionnelle m’interdisant d’écrire trois mots à la suite, je me suis reconverti dans le ramassage de plumes de Goéland sur l’estran.
Cette nouvelle activité n’est pas  lucrative, et elle n’est même pas récréative. Elle est ennuyeuse au possible, et le pire est que je suis allergique aux plumes. Ce n’est pas tout. Alors que d’autres reviennent avec des paniers remplis de crevettes, j’ai l’air débile avec mon sac de plumes.
Voilà ce qui s’appelle perdre son temps. Non pas de ramasser les plumes, mais d’avoir écrit les lignes précédentes. Tous cela parce que j’ai écrit littoral au lieu de littéral.

Les vacances au bateau sont terminées. Nous avons juste fait une sortie en mer. Ainsi Antonin est le plus jeune navigateur de la famille : à peine quinze jours et première navigation.

Louise a fait sa rentrée. Elle n’a pas pleuré. Mais sa motivation est rapidement retombée. Il semblerait qu’elle s’ennuie. Sa mère et moi l’avons encouragée en lui expliquant qu’elle devrait patienter jusqu'à soixante-cinq ans, voire soixante-dix ans avant de retrouver un semblant de liberté.

PS : j’ai quelques sacs de plumes à vendre


Quelques jours plus tard

Nous sommes dans l’attente de l’été indien qui refuse pour l’instant de s’installer dans le nord de la France. L’anticyclone des Açores tente d’y installer une dorsale ou tente de migrer vers nos contrées, mais les dépressions s’y opposent et l’aplatissent. Ainsi sur la Manche, souffle un vent d’ouest qui contrecarre nos projets de navigation familiale. A la grande joie de Louise qui peut ainsi profiter pleinement de sa rentrée.
Antonin est indifférent à nos préoccupations. Son seul souci est de suivre pas à pas les deux outres pleines de lait. Sincèrement, je suis en admiration devant sa ténacité ; il ne les a pas perdues de vue depuis sa naissance.


Encore plus tard

Hier, Louise est sortie souriante de l’école maternelle. Nous étions contents de sa rapide intégration. Elle a sortie fièrement de sa poche un petit paquet de bonbons. Il avait été offert aux élèves de la classe par un parent  qui fêtait l’anniversaire de sa fille. Comme quoi, le digestif à une importance dans la réussite scolaire de nos enfants.
Antonin suit toujours assidûment les seins de sa mère. Ce qui pose parfois quelques problèmes à sa maman qui aspire par moment à un peu de liberté. Elle essaye de le poser ou de me le donner. Mais dès qu’il la quitte, il hurle. Ce qui est normal pour un bébé de cet âge. D’après les psychanalystes, il ne dissocie pas son monde et le monde extérieur. Tout est lui. Alors il n’accepte pas que l’on retire une partie de lui. Ce qui est compréhensible, nous supportons difficilement de perdre un bras.
Nous avons essayé de ruser. Dans certains magasins sont vendus des prothèses mammaires qui servent à assouvir les phantasmes. Nous en avons acheté une paire dans le but de libérer sa maman. Je l’ai mise. Antonin n’a pas été dupe. Il a exprimé son désaccord en vocalisant dans les aigus. Les verres en cristal de mon arrière tante Germaine n’y ont pas résisté. Nous avons capitulé. Antonin a retrouvé les outres de sa mère et moi, je dors sur les deux seins en silicone.


lundi 22 août 2011

La loi d’Archimède

Je me suis renseigné au sujet du bateau. C’est un truc qui marche sur l’eau, ou qui obéit à la loi d’Archimède : « Tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids du liquide déplacé »
Je n’ai rien compris, cependant j’ai une question :
Si dans le corps plongé dans le liquide, il y a un autre corps imbibé de liquide que ce passe-t-il ?
Je pose la question car mon papa est imbibé d’alcool. Je pense qu’il a du mal à se remettre de ma naissance, ou qu’il ne supporte pas que je lui urine dessus, à moins qu’il désire devenir une fontaine à lait comme ma mère.
Je viens d’avoir une réponse de la part du sein droit de ma mère. Je n’ai aucuns soucis à me faire. L’alcool est plus léger que l’eau. Je pourrais même me servir de papa comme survie. Par contre, je ne dois pas frotter une allumette, car il est très inflammable.
Sinon Je m’éclate toujours autant. J’aimerais juste avoir deux bouches, pour téter les deux seins de ma mère simultanément. Hier, j’ai même réussi l’exploit d’entrebâiller ma couche sur les genoux de papa. Il était tout content. J’aime bien voir son sourire émerveillé quand je me soulage sur lui.
Maman va très bien, elle concurrence les meilleures vaches laitières de Normandie. (Attention, ne me faîte pas dire ce que je n’ai pas dit. Elle a retrouvé sa taille de guêpe). Elle pourrait faire nourrice, tellement elle a de lait. Mais je refuse, je ne prête ma maman à personne, même pas à mon papa.
Louise, lorsqu’elle a appris que nous partions au bateau, a sauté de joie.
Ma sœur et moi-même nous embrassons notre sœur et notre frère en espérant les voir très prochainement.

dimanche 21 août 2011

Pipi, caca


Excusez-moi du titre très basique. J’ai des problèmes d’élocution. Ce qui est normal, vu mon âge. J’ai dix jours et je n’ai pas encore acquis le langage. C’est Louise qui essaie de traduire mes pensées. L’écriture n’étant pas sa tasse de thé, nous avons donc décidé de faire appel à un nègre*. Un nègre blanc, plus précisément un nègre Inuit. Nous aurions pu travailler avec un nègre noir, cependant l’expression « nègre » serait devenue péjorative.
La dernière phrase n’est pas de moi mais du nègre. A dix jours, je n’ai aucune idée du côté obscur de l’homme.
Mes premiers dix jours se sont déroulés, comment dire ? Le pied. Je mange, je dors et je fais pipi sur mon papa. D’ailleurs, c’est devenu mon passe-temps favori. Dès que mon père me change, je soulage ma vessie. J’ai le sens de la visée. Je l’arrose deux changes sur trois.
Hier, j’ai même réussi l’exploit de lui « pisser » dessus en ayant ma couche. Il me tenait dans ses bras. J’ai réussi à dégager mon zizi et j’ai imbibé ses vêtements. Qu’est-ce que je m’éclate !
Je préserve ma maman. D’ailleurs, il faudrait être débile pour souiller son garde-manger. Je suis collé constamment à elle, du moins à deux outres pleines de lait. Parfois, lorsque je regarde ma mère, j’ai comme une hallucination, j’aperçois une tétine géante. Serait-ce le commencement d’une métamorphose ?
Par contre, j’évite de hurler. J’ai peur que mon père ne le supporte pas. Je ne désire pas avoir le syndrome du bébé Orangina : secouez-moi, secouez-moi.
J’ai surpris une conversation où il était question de bateau. C’est quoi ce truc ?

* Personne qui ébauche ou écrit anonymement les ouvrages signés par un autre (Petit Robert)

jeudi 18 août 2011

Une naissance est toujours traumatisante

Comment mes soeurs et mon frère ont-ils réagit à l’arrivée d’Antonin ?
Je ne peux pas dire qu’ils aient mal réagit, cependant ils ont eu un comportement que l’on pourrait qualifier d’anormal.
La suite de ce message distille quelques séquences volées


                                                 La nouvelle est quelquefois dure à accepter






Mes soeurs manifestent leur joie d'une drôle de façon




Ou sont scotchés par la nouvelle


ou s'enferment dans leur bulle. 



Mon frère lui, a carrément régressé.




Ce n’est pas tout. Ils ont aussi contaminé un ami. Et surtout, ils se sont adonnés à des tâches qui ne correspondent pas du tout à l’adolescence.




L'épluchage de patates

Les courses au supermarché

la contamination a dépassé les normes autorisées

Louise aussi, est sous le choc.

Une seule solution:

Retourner dans le

ventre de sa maman.

Seule, la joie a résisté à la folie contagieuse.

Papa repart pour un voyage, cette fois ci en pédalo. Cette monture lui convient mieux.
Louise l'accompagne un bout de chemin.
 
Pendant que ces excités s'agitent, je roupille.

mardi 16 août 2011

Les joies de la censure

Antonin exprime sa joie de vivre avec modération. D’ailleurs, dès qu’il l’exprime, un objet le bâillonne en épousant parfaitement ses lèvres. Je suis navré pour les défenseurs de la liberté d’expression, mais Antonin apprécie la censure. Personnellement je serais à sa place, j’aurais la même réaction.


samedi 13 août 2011

Faire part de naissance

Antonin, un garçon de sexe masculin est arrivé. il est né à l'age de... j'ai oublié son age. Bref, il est bien vivant et exprime, sans retenue, sa joie de vivre.