une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







samedi 13 septembre 2014

Sans dents



Electeurs de gauche, révoltez-vous ! Ne vous laissez pas abuser par la mafia politico-capitalo-narcissi-mégalo. Toute la classe politique vous trait à sec. Vous êtes exsangues et cela ne leur suffit pas.
Électeurs de François Hollande, vous qui avez glissé dans l’urne un bulletin plein d’espoir, vous vous sentez floués. Et encore ce n’est pas un sentiment, mais une vérité. Si vous n’aviez pas voté François Hollande, serait-il président ?
Non.
Il serait un député lambda de Corrèze, serrant des mains sur le marché de Tulle. Et vous, vous seriez moins escroqués. Oui, vous êtes escroqués. Malheureusement pour vous, vous en êtes les seuls responsables.
Il n’est pas trop tard, vous pouvez encore demander réparation. Des dommages et intérêts et pourquoi pas des droits d’auteurs. François sera toujours président, mais vous, vous serez à nouveau considéré.
Si François avait été un citoyen simple député, Valérie aurait-elle pu écrire un tel livre ?
Et si oui, aurait-il été vendu à autant d’exemplaires ?
Sans vous, Valérie se serait fait larguer comme vous toutes, et vous tous, en fermant sa gueule et en gardant ses yeux pour pleurer. A la rigueur, elle aurait découpé les fringues de son ex, embouti sa voiture, explosé sa collection de disque vinyle ou demandé une pension alimentaire exorbitante.
Sans vous, elle ne serait qu’une simple journaliste de Paris Match.
 Exigez que les droits d’auteur vous soient reversés intégralement, car seuls les électeurs de François ont permis à Valérie de tirer sur l’ambulance.
Ainsi, l’argent reviendra en majorité aux sans dents. Donc à ma famille. Car entre les dents absentes de la plus jeune, et le dentier que je partage en copropriété, nous sommes prioritaires.

vendredi 12 septembre 2014

La petite souris n’existe pas.



Ma jeune fille est plus rapide que son père. Elle perd plus vite ses dents, au grand désespoir de la petite souris qui peine à rejoindre l’oreiller afin d’y déposer une petite pièce.
Ma fille est du genre nomade, surtout pendant les vacances. Un séjour dans la Loire à la recherche du soleil perdu, puis une quinzaine de jours au Havre et ses environs à bord de notre fidèle voilier Avel Vat, à la recherche du soleil toujours pas retrouvé.
 La petite souris dont l’objectif principal diffère du notre, ne comprend pas notre quête. Elle aurait préféré que l’on s’abstienne de bouger afin de pouvoir remplir sa mission sans s’épuiser et sans prendre de risque.
Louise a perdu ses dents à différents endroits. En trois semaines elle a perdu trois dents. Une dans la Loire, une au Havre, et la dernière à Deauville.
Que de kilomètres à parcourir pour contenter une petite enfant de six ans capable de pleurer si la petite souris n’est pas passée. Et encore les kilomètres, ce n’est pas si grave, le co-voiturage, le stop et les transports en commun existent aussi pour les souris. Seule la conduite leur est interdite, car elles prennent un malin plaisir à écraser les chats. D’ailleurs, tous les chats écrasés sur les routes sont l’œuvre de petites souris qui ont conduit illégalement.
Par contre, lors de notre séjour au havre, La petite souris a dû traverser des pontons rendus glissant par la pluie, sous l’œil sanguinaire de goélands à la recherche d’une nourriture jamais assez abondante. Puis pour parachever cette escapade téméraire et suicidaire, elle a dû grimper sur le bateau en escaladant des amarres instables qui tressautaient sous l’effet du clapot qui secouait Avel Vat. La petite souris apercevait entre les vaguelettes, les crabes qui aiguisaient leurs pinces en se pourléchant les babines.
Malgré ces dangers mortels, elle a récidivé afin de contenter notre petite fille qui a perdu une nouvelle fois une dent au port de Deauville. La petite souris peut vous confirmer que la fréquentation de la riche faune locale par les Goélands, ne les a pas attendris, bien au contraire.

Pendant ce temps-là, une mutuelle crie à tort et à travers sur une radio d’information que la petite souris n’existe pas.
Petites souris, vous qui affrontez tous les dangers pour rendre heureux nos petits édentés, rebellez-vous, prenez le volant et écrasez tous ces briseurs de rêves.

jeudi 11 septembre 2014

La rentrée



C’est la rentrée. Le plus petit entre en première année de maternelle. L’ainée quitte le secondaire pour rejoindre une école ingénieuse, pardon, d’ingénieurs. Le grand garçon est propulsé malgré lui en première S. La petite se lance dans l’apprentissage de la lecture.
Moi qui ai toujours eu horreur de l’école !
Je n’arrive pas, en fouillant dans les souvenirs, à me remémorer un moment agréable dans l’enceinte de l’école. D’ailleurs lorsque j’ai amené la plus grande en classe préparatoire de maternelle, j’ai été assailli par un déluge de souvenirs dont le seul côté agréable était la certitude que j’avais conservé une mémoire intacte.
Cette année j’ai vécu quatre entrées par procuration. Pour moi c’a été le coup de grâce. Le médecin, après avoir longtemps hésité à m’hospitaliser, m’a prescrit des antidépresseurs surpuissants.
Lorsque mon grand a été déprimé par la rentrée, je me suis botté les fesses pour ne pas compatir. J’ai respiré un bon coup et lui ai dit très sérieusement :
- mon fils tu construis ton avenir.
Puis, je me suis tu, heureux d’avoir joué le rôle du père prêchant la bonne parole.
Lorsque le plus petit tente d’essayer d’ouvrir toutes les portes pour s’échapper de l’école, je ne puis m’empêcher de m’apitoyer. Cependant je garde ma compassion et lui colle deux torgnoles. Une maitresse comme la sienne ! C’est dommage de s’enfuir, à sa place j’irais me réfugier dans ses jupons. D’accord, il est l’innocence même, et moi un vieux cochon. Cette année j’aurais bien fait ma rentrée en maternelle !
Si j’ai tant exécré l’école, c’est parce que j’y suis entré trop jeune. J’étais immature. J’étais en avance de 53ans !

Mes deux garçons ont tendance à aller à l’école à reculons. Ce qui pour Vivien pose un problème : trente kilomètres en marche arrière sur une deux fois deux voies est presque au-dessus de mes compétences. Cependant je ne refuse rien à mes enfants, et j’ai donc investit dans une voiture hybride : la voiture prao.
Pour Antonin, j’ai encore la possibilité de le porter. La proximité de l’école, et son poids raisonnable le permettent encore. Je suis un peu vache. Il est content d’y aller et très content d’en ressortir. D’ailleurs je le trouve assez zen, il supporte mieux que son père les cris d’angoisse, d’agonie des enfants lâchement abandonnés par leurs parents dans la salle de motricité qui sert de lieu d’accueil. Cette dernière, du fait de l’absence de meuble, amplifie les hurlements. Antonin traverse dignement ce lieu assourdissant, m’emmène aux toilettes afin que j’en contemple l’architecture. Il la trouve très belle. Ensuite il me prend la main et me tire dans sa classe déserte où l’attend une dinette. Cependant en tant que père, mon rôle est de l’abandonner lâchement. Donc je le ramène vers sa maitresse et lui colle un bisou (pas à la maîtresse). A peine ai-je eu le temps de décoller mes lèvres qu’il s’enfuit de la pièce afin de trouver une sortie dérobée. Pour l’instant, il ne l’a pas trouvé.
Louise a eu son premier devoir. Elle était toute fière. Pourvu que ça dure ! Cependant je reste sceptique sur la finalité des devoirs. Elle doit reconnaitre les prénoms des enfants de sa classe et les prononcer. Par exemple il y a un enfant qui s’appelle Levent. Jusque-là aucun problème. Par contre la prononciation est originale : livennete.
Autre exemple : hyaman prononcé aillemane
J’imagine plus tard lorsqu’elle lira : la Manche est le domaine des vents violents.
La maneche est le domayene des vennetes violennetes.

Ça pourra peut-être passer pour un accent méridional.
Cette forme d’apprentissage était valable il y trois décennies, avant que les prénoms afro-américain-arabo-chinois-bretons envahissent l’espace sans respecter les sacro-saints du calendrier.
Je suis une langue de vipère car tous les enfants issus de la classe de la maîtresse de ma fille savent lire. Certains liront avec l’accent belge, d’autres avec l’accent congolais, danois, canadien, algérien et même avec l’accent picard.

dimanche 6 juillet 2014

Félicitation



Ma fille ainée a dernièrement franchi le Rubicon. Elle a prononcé, ornée de ses nouveaux lauriers, sans plagier qui que ce soit, une célèbre phrase* qui n’est célèbre que depuis qu’elle l’a formulée : Veni, vidi, vixi.
Elle a terminé la lutte des classes en beauté. Elle a survolé la maternelle, surfé sur le primaire et a littéralement écrabouillé le secondaire. Elle en est sortie indemne, du moins d’apparence. La dernière bataille fut mouvementée. Elle a dû franchir le Rubicon en période de crue. Les crues du Rubicon sont connues pour leurs violences extrêmes. Téméraire, elle a pris le bac, a vomi tout ce qu’elle avait ingurgité depuis sa tendre enfance sur les bancs inconfortables de l’école. Apparemment, elle en avait ingéré une sacrée quantité qu’elle a revomie dans son intégralité. Car après le passage du bac, le commandant du navire lui a mentionné que c’était très bien ainsi, mais qu’il ne la reprendrait plus à bord. Le pauvre a horreur du vomi.
Pour ceux qui n’ont rien compris, je traduis en français simple. Ma fille je te félicite pour ta réussite au bac S avec mention très bien.
Maintenant je me pavane dans les rues de Beauvais avec une banderole où est écrit en gros, très très gros :
 je suis le père de la fille qui a eu une mention très bien au Bac S .

J’aurais pu être la mère, mais mon opération de changement de sexe est postérieure à sa naissance.
À partir de dorénavant, je n’adresse la parole qu’aux personnes bachelières. Les autres je vous méprise. Donc, je vais me mépriser, car le bac n’a pas voulu de moi. Pourtant j’avais bossé comme une bête. La preuve : je l’ai raté avec 4 de moyenne.

Ma fille je te félicite encore une fois, et surtout prends bien soin de toi.

* Jules aurait peut-être dit : Alea jacta est. (Ne pas confondre avec la marque de fringue)

Bernard l’Hermite



- Toc ! Toc ! Personne ne répond. Ce blog serait-il délaissé ?
- Oh ! Oh ! Oh !
A part l’écho, aucune réponse.
-  Chouette je vais pouvoir m’accaparer ce blog.
 Je suis un Bernard l’Hermite ayant subi une mutation. Au lieu de coloniser une coquille afin d’abriter mon abdomen mou. Je colonise les blogs afin de mettre à l’abri mon cerveau ramolli.
Je le protège des agressions philosophiques, moralistes, pudibondes, religieuses, politiques, familiales…
Bien à l’abri des pensées que je considère subversives, je puis ainsi exprimer mes propres réflexions qui sont dans la lignée consensuelle de la classe moyenne. La ligne directrice est une simplicité à faire frémir un eunuque devant un papyrus d’époque louis XV : ne choquer personne, surtout Christine Boutin et Farida Belghoul mon égérie.
Ma nouvelle coquille n’est pas spécialement conçue pour cette nouvelle ligne éditoriale. C’est le problème du bernard l’hermite. Lorsqu’une nouvelle demeure semble lui convenir, il doit s’adapter à l’aménagement non désiré. Je suis pareil, je ne peux pas effacer les écrits précédents. Cela serait aussi idiot que de détruire les murs de sa demeure. Je reconnais que je n’ai pas eu de chance, mais malheureusement c’était le seul blog abandonné qui correspondait à ma taille.
Je n’ai plus qu’à changer le mot de passe et le blog m’appartiendra en entier. Le petit détail qui tue. Pour changer le mot de passe, j’ai besoin de l’ancien mot de passe. J’ai donc contacté très discrètement le nouveau ancien propriétaire. Malheureusement, il souffre d’Alzheimer doublé d’une très forte schizophrénie.
Hélas, noble(s) lecteur(s), je ne puis vous promettre de poursuivre un échange d’idées à sens unique et constructif. Vivant sous la menace constante d’un retour du propriétaire, je vais tenter de trouver un autre blog à ma pointure.
Peut-être à une prochaine fois.