une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







vendredi 6 mai 2016

Parenthèses



Je suis un article écrit dans le bateau. Je profite du calme du matin pour exister. Les enfants dorment, la mère des enfants dort.  Un attardé matinal m’anime. A chaque touche qu’il frappe je grossis. Malheureusement ma taille ne dépassera jamais quelques lignes. Je resterai à jamais un lilliputien. L’enfant d’un attardé est rarement épanoui. Quoique, il y a parfois des exceptions.

Qu’est-ce un privilège ?
Qu’est-ce des privilégiés ?
 Est-ce une petite navigation au soleil avec comme moteur une poussée  vélique dûe à une jolie brise, une navigation suffisamment longue pour que les parents en profitent et Louise ne s’ennuie pas de trop ? (Antonin trouvent toujours les navigations trop courtes.)
Est-ce, après l’arrivée, un barbecue.
Est-ce des enfants qui jouent sur les pontons à des jeux d’eau pendant que la viande génétiquement modifiée cuit. (Pendant la navigation, la prise de pêche fût fructueuse, mais ce n’était que des algues. L’équipage n’est pas végétarien.)
Est-ce un repas convivial en famille sans prise de becs (il arrive parfois lorsque le menu est composé d’une salade consistante (l’équipage est parfois végétarien) que le petit râle car le repas n’est pas chaud. (Râler est un doux euphémisme (comment ça un pléonasme !)))
Est-ce un après-midi à la plage à jouer dans les vaguelettes et les petites rivières laissées par la mer en se retirant. (Le petit a réussi à échapper à la surveillance de son père. Comme vous l’avez lu dans un article précédent, il n’a pas les yeux en face ses trous.)
Est-ce des glissades sur une planche de surf sur les vaguelettes (combinaison intégrale. La mer est très vivifiante). (L’excuse du père est qu’il avait du mal à  surveiller la petite surfeuse qui était côté mer, et le petit terrassier coté plage. Il lui manquait un regard divergent).
Est-ce une promenade digestive en regardant le soleil se coucher. (L’équipage était épuisé, c’est le soleil qui les a regardés se coucher)

Ainsi s’achève ma vie. L’auteur me laisse le choix entre l’euthanasie et le suicide. Je lui propose de philosopher sur plusieurs pages afin d…

jeudi 5 mai 2016

Soleil !



Enfin le soleil est de retour. Ses longs cheveux dorés viennent nous caresser le visage* moisi  par les pluies chroniques de notre Picardie aimée.  Nous nous sentons revivre, renaitre, ressusciter et accessoirement mourir à petit feu sous les rayons cancérigènes de notre astre bienfaiteur. Adieu principe de précaution, aujourd’hui nous  nous exposerons au soleil sans précaution. Evidemment les enfants seront protégés par une combinaison intégrale anti UV. Et les yeux seront défendus par des lunettes. Ils ressembleront à des martiens. J’espère qu’ils ne seront pas expulsés vers leurs pays d’origine non contrôlée.


* J’ai une sainte horreur d’avoir les cheveux dans le visage. C’est pour cela que mes partenaires de jeux d’adultes consentants sont chauves.

mercredi 4 mai 2016

J’aime pas papa



Rien qu’avec le titre, le correcteur d’orthographe me casse les burnes ou  m’exaspère (je ne tiens pas à froisser les  littéraires). Il le souligne en vert, car il exige que je mette « ne » afin de respecter la forme grammaticale. Mon plus jeune fils, considère que « pas » est plus important que « ne ». De plus, il est en deuxième année de maternelle et à mi-temps, il n’a pas encore eu de cours sur les fondamentaux de la langue française.
 Il est à mi-temps car Les enseignants ont besoin de récupéré après avoir croisé mon fils. Il est un enfant un peu trop vivant pour  le cadre scolaire. Cela doit-être de famille, car le grand vient de se faire virer quinze jours.
« J’aime pas papa » est une de ses phrases préférées. Lorsque je vais le récupérer à l’école (très fréquemment) et qu’il me voit, il grimace et prononce la phrase. Je reconnais que les premières fois, elle m’est restée coincée au travers de la gorge.
Lorsque je pars en bateau, il m’aime. Evidemment je lui précise juste que s’il ne m’aime pas, il n’y ira pas. Alors il me répond :
- J’aime quand même papa un petit peu.
Personnellement j’appelle cela de la maltraitance. Faire un chantage sur l’affectif avec des gamins de cet âge-là est une atteinte au fondement même de la relation parent enfant. Ainsi grâce à mon éducation punitive et sclérosante, mon chérubin adoré aura un trouble affectif durant sa vie d’adulte.
Je viens de lui dire d’éteindre la télé. Il m’obéit en prononçant :
- J’aime pas papa pour toujours.
Hier, nous avons eu une discussion hautement philosophique sur la relation affective entre le père et le fils. Deux analyses en sont ressorties.
La première émise par mon fils :
Il acceptait de m’aimer si nous échangions nos couches* respectives.
La mienne :
Qu’il m’aime ou pas, cela ne changerait rien à ma façon d’être. Qu’avant tout, j’étais son père et que je devais l’aider à accéder au bonheur (Il y a du boulot).

Je lui ai dit que même s’il « aimait pas papa », je l’emmènerai au bateau. Il a été rassuré et a un fait un gros câlin en disant « j’aime pas papa »

* ok, j’ai presque l’âge d’être incontinent, mais mon fils a quatre ans et il est propre depuis belle lurette. J’utilise le mot couche dans le sens littéraire qui est : lit.


lundi 2 mai 2016

Paternité



Je suis le père de quatre gamins. J’en ai fait quatre afin de compenser ceux que mon frère n’a pas eus. Pourtant, lorsqu’il était petit, il voulait une ribambelle de gamins. Son choix de vie et sa fin prématurée n’ont pu lui permettre de réaliser ce rêve enfantin d’enfant.
Dès l’annonce de la mort de mon frère, ma mère à réuni le conseil de famille. La réunion a duré une éternité et elle était d’un mortel à ne pas réveiller les morts. Cette ambiance mortelle fut la raison de la longueur du conseil qui se déroule toujours dans le caveau de famille que nous squattons à la vieille noblesse parasitaire du 17ème siècle. Aucune décision importante n’est prise sans l’avis de nos ancêtres.
Plus l’ambiance est mortelle, plus il est difficile de les réveiller.
Le conseil a décidé que  je devais compenser la perte des deux enfants prévus dans l’arbre généalogique descendant. Un arrière arrière-grand-père s’est proposé de faire des gamins à titre posthume. Il se vantait de sa raideur cadavérique. Mais lorsque son regard se porta entre ces deux jambes, il s’aperçut que sa raideur n’était plus qu’un souvenir.
Je n’eus pas le choix.
Mes ancêtres trouvèrent une femme désirant des enfants, l’hypnotisèrent afin qu’elle est une attirance pour votre serviteur. Ainsi naquirent deux adorables chérubins.
J’aurai droit, pour l’accomplissement du devoir bien fait, d’avoir la place d’honneur dans le caveau. Je serai en haut. Ainsi je serai à l’abri des chutes d’os.

dimanche 1 mai 2016

Vers




Ce matin je n’ai pas les yeux en face des trous. Ainsi je vois l’intérieur de mon crâne. Je suis en pleine introspection physique. J’aperçois maintenant le cerveau. Misère ! Mes parents avaient raison lorsqu’ils disaient à longueur de journée que j’avais un pois chiche dans la tête. Je le vois. J’exagère. Il est aussi gros qu’une noix du Périgord.  J’aurais pu le comparer à une balle de golf ou à tout objet manufacturé, mais que voulez-vous, je suis écolo jusqu’au bout des neurones. Je préfère avoir un fruit dans la tête qu’un morceau de plastique. J’en profite car avec le transhumanisme cela risque de changer. Tiens, il y a des choses qui bougent, cela doit être des vaisseaux sanguins. Non, le problème est que je n’y vois pas de près.  Mettre des lunettes à l’intérieur n’est pas possible. Ca y est, j’ai davantage deviné que vu. Il s’agitait de vers. Les salauds, ils ne me colonisent même pas à titre posthume. J’espère qu’ils ont un QI supérieur au mien. J’ai un doute, ne serait-ce pas eux qui écrivent et qui dictent ma vie ?
J’ai bien peur que oui. Je me souviens que j’ai subi une mutation il y a à peu près une dizaine d’année. A l’époque j’étais un palefrenier doublé d’un éducateur sportif en équation (pas assez doué pour ça) cela doit-être équitation. Je ne savais que hurler et donner des ordres comme un adjudant de carrière.
Maintenant, je suis attiré par la  viande avariée et j’écris des inepties sur un blog perdu dans l’univers du web. Les articles ont un tel goût de pourri que personne ne les partage. Pourtant quand j’ai les yeux en face des trous et que je pénètre le bouc de face (je suis pour la position de missionnaire (pauvre bouc)), j’ai l’impression que tout ce qui est partagé n’a pas toujours la saveur d’une fraise cultivée par amour dans un jardin du sud-ouest de la France, de préférence le Périgord.
C’est là où je me dis que ce n’est pas moi qui écrit mais les vers…
Que voulez-vous ? Il y en a qui écrivent en vers et d’autres avec des vers.

PS : Ce sont les asticots qui colonisent les viandes avariés. Mais je n’aurais pas pu conclure cette putréfaction ainsi.