une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







dimanche 5 octobre 2014

"La manif pour tous"



Aujourd’hui, c’est jour de fête. Nous partons en famille à la "manif pour tous ". Les chaussures sont cirées, les socquettes plus blanches que blanches, les habits repassés, le corps récuré et l’âme pure. Avant de  nous lancer dans le combat pour notre juste cause, nous nous rendons à la messe afin de communier. Dans l’église, nous sommes tous fébriles et complices. Toutes les personnes présentes seront de la manif. Il y a même déjà des drapeaux et des banderoles prêtes à être déroulées.
Les plus jeunes ont retrouvés leur camarade de classe de l’école Sainte Bernadette. Pendant que les adultes discutent des derniers préparatifs, les enfants jouent gentiment dans le square attenant à l’église. Les mères veillent à ce que leur progéniture ne tache pas leurs habits de parade.
La grande majorité des participants ira à Paris en train. Nous, nous déplacerons en voiture car nous devons prendre ma mère à Luzarches. Elle désire aussi participer à la " manif pour tous ". Nous regrettons de ne pas accompagner nos amis, d’autant plus que le voyage en train ne sera que liesse et ferveur.

Après une rapide collation, nous partons. Nous devons être à porte Dauphine avant treize heures.
Durant la collation, ma plus jeune fille m’a interpelé :
- Papa vous allez manifester parce qu’un français a été tué en Algérie ?
- Mais non ma fille, nous voulons que tous les enfants aient un papa et une maman.
 Ensuite le plus grand m’a questionné sur le massacre des populations civiles en Irak et en Syrie.
J’ai exprimé mon désaccord et mon dégout sur de tels actes.

 En arrivant sur Paris, nous surplombons un camp de tentes, un bidonville occidental. La plus jeune qui a oublié de mettre sa langue dans sa poche dit :
- On va manifester pour eux ?
- Mais non, nous allons manifester pour que tous les enfants soient respectés.
 Je ne sais pas comment lui expliquer que nous luttons contre la gestation pour autrui.
- Alors nous manifestons pour que les familles qui traversent la méditerranée ne meurent pas noyées, répond-elle.
Pour avoir la paix, je réponds oui en me promettant de n’écouter les informations que pendant son absence.
Je regrette de plus en plus d’avoir pris la voiture, surtout que le grand m’asticote sur La GPA. Devant les petits, je ne sais pas comment argumenter, ils ne connaissent pas encore les mystères de la  procréation naturelle. Je tiens à préserver leur innocence.
J’aurais dû le laisser à l’institution du Saint-Esprit au lieu de l’inscrire dans un lycée laïc. Il a des idées quasiment révolutionnaires depuis qu’il fréquente cet établissement. Il nous répond que les armes ne sont pas naturelles et qu’elles font des ravages. Que mourir de faim est surement naturel, car il n’a pas connaissance de mouvement de masse pour tenter de stopper la misère partout où elle est.
Les jeunes ne connaissent rien à la vie, confondent et mélangent tout, et en plus ils se permettent de nous donner des leçons.
Je réponds que nous ne pouvons pas lutter contre toute la misère qu’il y a dans le monde. Que ces pays sont responsables de leur avenir et que nous avons déjà nos propres problèmes à régler.
Promis juré, il fera sa terminale S dans le privé.

Avant de sortir de la voiture, il m’assène le coup de grâce :
- Je ne comprends pas votre démarche. Je peux comprendre que vous soyez contre  la G.P.A. et la procréation médicalement assistée, mais c’est quand même donner la vie. Alors que la prolifération des armes, la famine dans le monde, les massacres de populations, le capitalisme sauvage, l’augmentation de la pauvreté suppriment des vies. Sincèrement, même si le sujet a son importance, je considère qu’il est dérisoire par rapport à de nombreux faits d’actualité. Je considère que la chrétienté a d’autres combats à mener. Votre manifestation va à l’encontre de vos valeurs.
Vous préférez la mort à la vie !

Promis juré, je ne mettrai plus mes gamins dans le laïc.

samedi 4 octobre 2014

Nouvelle vie.



Hier, la confirmation d’une probable nouvelle vie est arrivée. La semaine prochaine, je commence une formation de neuf mois. Je touche du bois, croise les doigts et m’abstiens de picoler la nuit afin que la lourdeur administrative ne s’assoit pas dessus.
A cinquante-six ans, j’entame une quatrième période de vie active. Quand vais-je m’arrêter ? Seule la mort décidera. Les périodes ont tendance à se rétrécir. La première a duré plus de 25 ans, la vie moyenne d’un cheval. Ensuite j’ai pris mes RTT pendant plus ou moins huit ans. Ils ont servi à la reproduction, à l’éducation des gamins et aussi à des tentatives d’écriture. Puis j’ai  plongé une nouvelle fois dans la vie active, sous la forme d’un réparateur de machines à café. Une allergie à la lecture du marc de café, plus un amour fou pour mon DRH, m’ont désolidarisé au bout de deux ans de la confrérie de la distribution automatique. Je ne regrette rien, ce métier manque de poésie. Mais les doux mots, fins et perspicaces de mon DRH sur le tableau noir me manqueront.
Maintenant, je m’oriente vers le nautisme.
Le problème est que la formation est au bord de la mer et que nous habitons à l’intérieur des terres. J’ai deux solutions :
Soit attendre la fonte des glaces et commencer ma formation lorsque la mer léchera les pieds de mon appartement, soit migrer en abandonnant lâchement ma femme et mes jeunes terreurs. Je choisis l’abandon.
Ce sera seulement un abandon de milieu de semaine, je serai présent le weekend. Pauvre femme ! Seule à gérer ses monstres carnivores. Nous n’osons plus prendre de nounou à cause de l’aventure qui est arrivée à l’une d’elle. Voir l’article: les dangers du  baby-sitting. Mais l’amant de ma femme, mon éditeur, qui ne m’a jamais édité, est prêt à nous aider, ouf !
Neuf mois de gestation et j’accouche d’un diplôme. Ce sera mon cinquième gamin. Malheureusement, avec les nouvelles réformes, je ne toucherai probablement pas la prime à la naissance. C’est dégueulasse, si nous ne pouvons plus gagner de l’argent grâce aux allocs, il est temps de se faire enlever les « coucougnettes ». Pour l’instant je les garde, elles peuvent me servir comme aide à la flottabilité en cas de naufrage.


Une idée : si je faisais de nombreux gamins avec des femmes différentes, il me serait possible de toucher plein pot les primes de naissance.
 Donc je n'aurais plus besoin de formation.

vendredi 3 octobre 2014

Mise au point.



Des esprits perspicaces ont constaté que j’usais d’une tête de turc dans mes derniers articles. C’est exact. J’ai besoin d’évacuer mon trop plein d’énergie. J’ai beau courir huit kilomètres tous les jours avec la charrette pour endormir mon petit insomniaque, il me reste encore trop de vitalité. Et seule ma belle-sœur est capable de l’absorber.

Attention, cette belle-sœur est virtuelle, issue de mon imaginaire. Elle n’a aucun rapport avec la réelle qui est une personne fort agréable, souriante, et dont je recherche la compagnie. D’ailleurs elle est la première à rigoler de mes écrits.
Ma belle-sœur, l’imaginaire, est tout autre. De toute façon, il vous sera impossible de vous tromper, vous ferez la différence, son comportement serait peu crédible dans la vraie vie. L’avantage de la création est que l’on peut modeler son personnage, le manipuler jusque dans les limites de notre propre imaginaire. Et, l’auteur ne s’identifie-t-il pas à son propre personnage ? En résumé, les tares de ma belle-sœur imaginaire sont les miennes.

Ma première impression, lorsque j’ai découvert ma belle-sœur m’a laissé un gout canin sur la langue. Elle m’a ignoré, j’étais avec sa sœur, nous déjeunions les yeux dans les yeux remplis d’une fièvre amoureuse. J’ai pensé à une cécité. Mais sa façon de se déplacer, bien qu’elle soit sans élégance, ne laissait aucun doute sur sa vision. Elle se dirigea vers sa sœur, aboya une minute, fit demi-tour et disparut aussi vite qu’elle était arrivée.
L’aboiement était grave, genre Pitbull. Rien que d’y penser, j’en ai encore la chair de poule. Je crois que les deux rencontres suivantes furent aussi sous le signe canin. Puis par la suite, les aboiements s’espacèrent et elle me découvrit. Je n’affirmerais pas qu’elle remuait la queue en me voyant, mais je la laissais s’approcher sans craindre une morsure. Je n’aurais pas dû. Car maintenant après l’avoir fréquenté trop longtemps, j’utile un logiciel à reconnaissance vocale car elle m’a bouffé les deux mains.

J’arrête, pour aujourd’hui, mon délire imaginaire car je n’ai plus de voix.

jeudi 2 octobre 2014

Résurrection



Suite à l’article d’hier, j’ai reçu de nombreux courriels. Certains s’inquiètent de mon état d’âme, et de mon passage éventuel à l’acte, d’autres regrettent que je sois encore de ce monde. L’association gay et lesbienne me reproche mon homophobie. « La manif pour tous » me soutient et me vilipende simultanément, et les groupuscules extrémistes orientaux veulent ma peau.
Que de réactions sur un petit texte de rien du tout.
Je tiens à rassurer mes proches que tout  va bien et que j’entame bientôt ma quatrième vie. Je suis comme les chats, j’ai neuf vies.
Ceux qui espéraient venir cracher sur ma tombe, peuvent garder leur crachat afin de lubrifier les rouages qui leur servent de cerveau. D’ailleurs, s’il y avait eu une tombe, mon corps n’aurait pu s’y trouver, car sous l’effet de la ceinture d’explosif, il serait devenu poussière.
Je n’ai rien contre les verges, d’ailleurs à titre d’information, j’en suis porteur d’une. Mais mille verges m’impressionnent. Mille vierges aussi. Je préfère la qualité à la quantité, question de gout.
Je n’ai pas à me justifier vis à vis de la « manif pour tous » car je les dédaigne.
 De même pour les extrémistes de tous poils. Si j’avais voulu me foutre en l’air, je n’aurais pas pris la vie d’innocents et même de coupables.

Cette réflexion hautement philosophique sur la vie après la mort m’amène à me poser la question :
- Faut-il aller au Paradis ?
Si c’est pour se taper toutes les vieilles bigotes encore vierges, les représentants de la manif pour tous, ma belle-sœur et des extrémistes de tout bord, je préfère rejoindre le monde des pécheurs.

mercredi 1 octobre 2014

Passage à l’acte



Cela ne va pas fort, j’ai le moral au ras des pâquerettes, et je me jetterais bien des falaises du raz de Sein. Je suis en pleine dépression. L’idée de vivre est devenue invivable.

Mon licenciement, le départ de ma femme avec mon éditeur, mon incapacité à écrire, mon sexe à piles en berne et le fait que ma belle-sœur vient de s’apercevoir que l’aboiement n’est pas un signe d’intelligence (cela prouve qu’elle peut parfois avoir le sens des réalités) ont miné mon optimisme naturel par des explosifs à base de pulsion suicidaire.
Maman excuse-moi. Tu as déjà perdu un fils, un perdre un deuxième ne te ravira pas.
Papa excuse-moi. Tu as déjà perdu un fils, un perdre un deuxième ne te ravira pas.
Mes nombreux enfants, ma disparition ne vous comblera pas de joie, surtout que mon héritage est dans le négatif comme mon moral.
Ma femme, tu es bientôt libre de forniquer avec mon éditeur sans culpabiliser.
En écrivant ces quelques mots, je m’aperçois que personne ne me regrettera. Tant mieux, mon départ n’en sera que plus facile.
Oui, ce que vous avez sous les yeux est mon dernier écrit. J’ai déjà choisi ma façon de quitter ce monde. Je vous promets qu’elle ne sera pas discrète. Je mourrai en martyre pour une juste cause. Ce ne sera pas pour les sans dents, ils ont déjà Valérie. Ma mort sera un hommage à tous les musulmans opprimés par les juifs et les occidentaux. Je vais perpétrer un attentat suicide. Ainsi je vais lier l’utile à l’agréable.
Pour cela je me suis converti à l’islam et j’ai rejoint un groupe extrémiste qui a rapidement compris que j’étais un atout solide pour leur juste cause.

Ça y est. Je suis bardé d’explosif. Je vous salue tous, compagnon de ma longue errance. Je quitte ce monde injuste pour rejoindre le paradis des martyres.


Maman ! Je me suis fait avoir. Ce n’est pas mille vierges qui m’attendaient, mais mille verges. Au secours !!!!!