une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







lundi 30 août 2010

Nous y avons pensé

Les atlantix souhaitent un bon anniversaire à toutes les personnes nées le 30 aout. C'est-à-dire entre le 29 et le 31. Nous visons une certaine personne que se reconnaitra car elle est née le 30. Nous précisons pour assouvir votre curiosité malsaine que cette personne est une femme. Nous ne pouvons pas l'affirmer. Nous ne l'avons jamais vus nue, seulement en short. Son système pileux aurait tendance à nous aiguiller sur le côté féminin. Deuxième indice : elle vit avec un homme. Apparemment, ils se seraient reproduits. L'acte de reproduction implique des rapports... Rien que d'y penser, nous sommes choqués.
Nous savons aussi qu'elle a plus de dix huit ans. Nous ne connaissons pas son âge. Les convenances nous interdisent de dévoiler l'âge des femmes majeures. Pour les hommes, la rêgle veut que l'on s'abstienne aussi, surtout pour l'âge mental qui a dû mal à franchir la barre des sept ans.
Nous chantons tous en choeur : Joyeux anniversaire F............................................................................e
Pour connaître ou se reconnaître, il suffit combler le vide matérialisé par les points. Vous ne devez qu'utiliser les lettres de l'alphabet. Vous pouvez aussi essayer d'autres symboles mais nous ne garantissons pas le résultat. Nous nous hésitons entre :
f;;;;;;;;;;;;;;;e
 f!!!!!!!!!!!!e
 f%%%%%e
j'espère que vous êtes bien rentrés hier soir
bises.

La vérité n'est pas toujours bonne à dire.

Salut fidèles et infidèles lecteurs. Commencer un nouveau message par une formule de politesse n'est pas dans mes habitudes. Normal, ce n'est pas lui qui a pris la plume. Je suis Avel Vat. J'écris car Frédéric est toujours doué pour commencer une tâche, mais la terminer est une autre paire de manches.
Au large de Noirmoutier.


Je me prépare, plutôt, il me prépare petit à petit. Je n'ai pas les compétences de me gérer. Ce n'est pas plus mal, car nous n'avons pas la même conception du voyage. Je suis pour la version épurée, comme mes premiers propriétaires : un compas, un sextant, des cartes marines. Cela ne les a pas empêchés de boucler deux tours de l'atlantique. Avec Fred, nous sommes à l'opposé : GPS avec cartographie électronique, PC, VHF AIS avec bracelet d'homme à la mer, balise Sarsat Corsat (si je coule, elle se déclenche automatiquement ou manuellement en indiquant ma position à plus ou moins 20 mètres) et pour couronner le tout, un téléphone iridium. Le décalage est tel, entre nos deux conceptions, que je n'ai pas osé lui dire le fond de ma pensée.
L'ile de Sein


D'après lui, il a acheté ces équipements sophistiqués parce qu'il partait avec son fils, et trop de sécurité n'a jamais tué son homme. Je le crois à moitié, je sais aussi qu'il est attiré par tout les gadgets électroniques qui sont devenus indissociables de votre vie.


Touts ces gadgets coûtent une fortune. Grâce à la vente de de son ancien bateau, il a pu financer ses nouveaux achats. C'est la version de Fred. Maintenant je vous donne la mienne :
En haut à droite, en scrutant vous apercevrez un aileron de dauphin. Ce jour là ils étaient plus d'une centaine. Doué comme je suis, je n'ai réussi qu'à photographier ce bout de dauphin. Nous les avons aperçu entre Belle L'Ile et Les Glénans.


Il les a financés grâce à la vente de Moaï. Sur ce point, nous sommes d'accord. Notre avis diverge sur ce petit détail : le bateau vendu appartenait à Anne So.


Imaginez le nombre de robes, de chaussures, de bouquins, de voyages qu'elle aurait pu s'offrir avec sa fille. Maintenant, elle est à la rue, quémandant quelques croutons de pain pour sa fille. Là, je délire.


Je vais avoir Fred sur le dos toute la semaine. Il doit peaufiner ma préparation. Il va rater la fenêtre météo. Pendant cinq jours, le vent est favorable. Dommage car j'adore les allures portantes (vent venant de l'arrière). Mon architecte m'a conçu dans ce but. Dans ces allures, bien que je sois un bateau d'un certain âge - je suis né en 1978 -, j'arrive encore à tenir la dragée haute à des petits jeunes. Bien sûr, ce sont des voiliers de ma catégorie, et non des courses croisières.


Le départ  est prévu dimanche prochain, mais j'ai des doutes. Une dépression très creuse approche sur l'atlantique. Même si sa trajectoire semble être nord-nord-est, nous aurons sûrement droit à des vents relativement forts et contraires.
 Apparemment non, la dépression prendrait la direction du Groenland, et la suivante s'affaiblirait.

Coucher de soleil au large du conquet.


Voilà le skipper ! by !

vendredi 27 août 2010

Le danger ? une notion toute relative.

Il semblerait qu'une fenêtre météo (période favorable pour aller d'un point à un autre sans se faire chahuter. Les marins emploient plutôt l'expression : se faire branler) se dessine pour la semaine prochaine. J'espère qu'elle sera une baie vitrée car je ne n'aurais pas la possibilité de partir avant le week-end du 3,4 septembre.

Pour l'instant, je suis toujours à Beauvais. Je profite des derniers jours en compagnie de Louise et de sa mère.




Quelques photos :
Elle est en sécurite !


Pas si sûr !

La pêche n'est pas sans danger.
Nourrir les poules non plus !

jeudi 26 août 2010

L'imagination du poulet

             Louise essaye de dormir pour faire plaisir à son père. Je l'entends gigoter derrière mon dos. Elle est adorable, elle reste allongée sans rien dire et attend l'autorisation du tyran pour se lever. Je profite du répit pour écrire un petit mot. Les idées ne sont pas au rendez-vous. Elles font la sieste. L'après-midi, lorsque je rédige, j'ai l'impression de digérer avec mon cerveau, et d'écrire avec mon estomac. L'imagination est donc proche d'un amas d'haricots verts mixé avec une salade de tomates et un blanc de poulet. Avez-vous déjà vu un poulet écrire? Alors un blanc de poulet ?
Maman les p'tits bateaux
 qui vont sur l'eau
 ont-ils des jambes?
Mais oui, mon gros bêta
 s'ils n'en avaient pas
 ils ne march'raient pas
            C'est pour cette raison que mon imagination est stérile depuis que ma fille Louise ne dort plus le matin. Je suis incapable de pondre. Tiens ! Il semblerait qu'une poule soit plus compétente que moi. Mes grand-parents étaient agriculteurs, j'ai donc vu, dans ma tendre jeunesse, des poules pondre à l'heure de la sieste.
Ouessant
Toujours Ouessant
             J'attends beaucoup de notre périple pour me remettre à écrire. Pendant que Vivien étudiera ses cours du CNED, j'essaierai de m'atteler à la charue de la création.
Encore Ouessant.
           
Promis, c'est la dernière : Ouessant
Terminé pour aujourd'hui.

mercredi 25 août 2010

Avitaillement et les raisons du voyage, et aussi parution de mon livre sur Lulu.com.


               les courses sont faites. J'ai cinq saucissons d'auvergnes de fabrication artisanale. Ma mère me les a ramené spécialement. Merci Maman.
un sacré équipage!
                                                   Ma mère ayant une discussion métaphysique avec son cheval.


              Encore deux ou trois bricoles, un peu de vin rouge, trois gaufres au chocolat, cinq fanta orange et hop, c'est terminé. Vous avez deviné ce qui est destiné à Vivien.

             Mon premier bouquin va apparaître sur le net. Mon père a terminé la mise en page et le dessin de la couverture.


              Vous avez remarqué que j'ai un papa et une maman qui s'occupe bien de leur petit garçon. Ils n'ont pas le choix. Maintenant, avec le nouveau projet de loi, concocté aux petits oignons, ils iront en prison si je fais des bêtises. Est-ce bien cela? Tout parent est responsable du comportement de ses enfants, et, est passible d'une peine de prison si l'enfant récidive.

J'ai tout de suite saisi l'opportunité et j'ai dit :
- Si tu n'es pas gentil avec ton fils adorable, je braque une banque.
        Je l'ai dit deux fois car mes parents sont séparés.
         Ma mère paniquée :
- Non ! Non ! Mon petit chéri, ne fais pas ça ! je ne veux pas passer la fin de mes jours en prison ! Je cède mon petit lapin bleu. Je te donne le saucisson.
        Mais moi, je n'ai pas cédé. J'ai dit, fier de mon courage:
- Non, maman, je veux cinq saucissons !

       J'ai agi de même avec mon père. Au début, il a résisté. Il me prenait toujours pour le petit gamin de 45 ans. Mais maintenant, j'en ai 52. Je suis presque émancipé. Je lui ai dit en croisant les doigts, je suis légèrement superstitieux :
         - Mon père, il me semble que tu as oublié que Charles Martel a arrêté les sarrasins à Poitiers en 732 (non ce n'est pas une céréale, c'est juste les arabes de l'époque). Il me semble aussi que tu as oublié que tu est né à Périgueux. Ville située au sud de Poitiers, donc colonisée par les sarrasins. Nous savons tous qu'ils avaient le sang chaud, et aussi que les femmes de l'époque étaient attirées par le côté sable chaud du désert. Donc, mon cher père, certaines personnes peuvent considérées ta présence sur le sol français illégitime. Il suffit d'un petit renseignement anonyme.
          Ainsi, mon père a accepté de transférer mon bouquin chez Lulu.com.

         Certaines mauvaises langues peuvent insinuer qu'étant le fils de mon père, je dois aussi avoir du sang arabe dans les veines, surtout que ma mère est native du bordelais. C'est exact. Mon voyage est tout simplement un devoir de citoyen. Je m'exile de moi-même.

Méfiez-vous de l'étranger qui sommeille en vous. Il est capable de manger votre propre pain.

Vous connaissez maintenant la raison de mon départ. Mais, savez-vous pourquoi je voyage avec mon fils ?

        C'est pourtant simple. Mon fils a un père et aussi une mère, qui a de nombreuses origines dont les plus récentes sont belges et italiennes. L'histoire de l'Italie nous montre un brassage de population permanent. Entre la naissance de Romus et de Romulus et l'élection de Berlusconi, il y a eu un tel mélange de races que la louve aurait maintenant dû mal à retrouver ses petits. Seuls les belges sont un peuple immuable. Dernièrement, dans des fouilles archéologiques près de bruxelle, des frites datant de 4500 ans avant J.C. ont été découvertes ainsi que de nombreuses poteries ayant contenues de la bière.
          Donc, mon fils contient, en lui, tellement d'ethnies, qu'il devrait théoriquement se sentir chez lui partout dans le monde. Je sais, je suis un idéaliste.



lundi 23 août 2010

Essai vidéo

video
         Ce matin, je suis beauvaisien. Je suis avec Louise. Sa mère a repris le travail. Les quatre semaines de vacances ont défilé à une telle vitesse que le tgv, en comparaison, est une limace neurasthénique.
         Sans Anne So pour me relire et corriger mes nombreuses fautes de syntaxe, de ponctuation et évidemment d'orthographe, je suis tel un crabe sans pince, une pince sans machoire, une machoire sans dent, des dents sans victuaille, des victuailles sans convive, des convives sans politesse, la politesse sans toto et pour conclure, toto sans église.
        Je raconte n'importe quoi. J'ai écrit un texte pendant le retour de Fécamp, et bien sûr, je l'ai oublié au bateau. La traversée était beaucoup plus calme que l'aller. Le vent avait pris ses RTT. Les photos du message précédent vous l'ont déjà confirmé.
        Le départ théorique approche. Dans dix jours, nous nous positionnerons dans les starting blocks et nous attendrons le top du départ, qui sera un vent favorable. J'espère que d'ici là, mon fils, Vivien, vous aura livré ses impressions. Pour l'instant, il est chez sa mère.
         
        

dimanche 22 août 2010

Une petite croisière

       Deux jours sans nouvelles de ma part et quatrième jour de beau temps ! Autant vous dire, plutôt vous écrire, qu'il n'y a plus un seul cauchois. Heureusement les touristes sont là pour meubler le paysage.


Hier, nous avons navigué en direction de Dieppe et pourtant, nous sommes arrivés à Fécamp, port situé à 15 milles (1 mille = +ou- 1850m) au sud ouest de Saint-Val. Ceci est dû à des circonstances indépendantes de ma volonté.



Ne l'écoutez pas, il affabule comme d'habitude. M'avez-vous reconnu ? Je suis Avel Vat , son fidèle destrier. Entre nous, je n'ai pas vraiment le choix.


Il est responsable du changement de destination. Monsieur en a décidé ainsi, sous prétexte que c'était « pétole » (expression qui signifie que le vent est absent). Malheureusement, la pétole s'est métamorphosée en un force quatre bien établi. Ce qui en soi n'est pas une mauvais chose. Le vent venait pile poil de notre destination : moi qui ai horreur du vent de face ! Nous avons tiré des bords pendant cinq heures (zigzagué).


Lorsque que je suis dans des allures près du vent, je gite (penche). Cet idiot de Frédéric n'avait rien rangé à l'intérieur. Ainsi, les objets ont défié les lois de la gravité durant un laps de temps, puis Newton a de nouveau imposé sa loi et le plancher a servi de piste d'atterrissage. Le capharnaüm était tel qu'il m'est toujours impossible à décrire, même avec du temps et de l'imagination.


Le pire est que nous n'étions pas seul. Un couple d'amis, Florence, Jérôme, et leur enfant Thomas, naviguaient de concert. Ainsi, grâce à l'analyse farfelu de la situation météo de mon skipper, ils ont subi les mêmes conditions, sur un bateau plus petit, et aussi allergique que moi au près serré. Je me suis permis d'excuser mon skipper auprès d'eux, car ça ne lui est pas venu à l'esprit.


Heureusement que nous avons fait cette sortie en mer. Ainsi, il a pu s'apercevoir que je n'étais pas tout à fait prêt pour un long voyage. Le pilote automatique a eu une grosse faiblesse. Anne-So a dû prendre la barre. Pour moi, ce fut un réel plaisir. J'adore être barré par elle. Douceur, anticipation, tact et je m'arrête là. Elle barre au vent sans les instruments. Elle prend soin de moi et oblige Frédéric à réduire la toile afin de préserver mon gréement. Ah ! Que j'adorerais partir avec elle.


Louise, petite fille de deux ans, n'a pas apprécié d'être abandonnée par sa mère. La pauvre, elle dormait dans ses bras. Son frère s'est proposé de s'occuper d'elle à l'intérieur du bateau. En tout cas, ils se sont bien éclatés. Leurs rires parvenaient jusqu'au cockpit malgré le bruit du vent et des vagues.


Il est mignon ce voilier. Dommage que nous ne puissions pas nous reproduire entre nous!
Florence et Jérôme ne sont pas restés inactifs durant la nav. Ils ont pêché cinq maquereaux qu'ils ont partagés avec mon équipage.


En lisant ce texte, je suis certain que vous vous dites : Fred tombe dans l'anthropomorphisme. Je suis navré de vous induire en erreur. C'est bien moi Avel Vat qui ai écrit ce texte.

Dur dur la vie !


J'ai repris mon clavier. Je m'absente cinq minutes et mon bateau en profite pour me casser du sucre sur le dos. Il n'accepte pas que je sois le meilleur, le plus beau et le plus intelligent. Moi narcissique ?
Moi je préfère naviguer sur mon papa !

 
19 aout
 Deuxième jour de beau temps : assis dans le cockpit, j'assiste à un embouteillage monstre ! Les cauchois se bousculent vers le port pour prendre la mer et fuir vers l'Angleterre : seul pays où l'on est certain que le soleil n'est qu'une illusion.


         Le dernier exode d'une telle ampleur date de 1940 lorsque les anglais et de nombreux français tentèrent, sous les bombes allemandes, de rejoindre la Grande-Bretagne.

mercredi 18 août 2010

Aujourd'hui, nous avons le mauvais temps du pays de Caux. Le soleil est présent. Tous les cauchois sont à l'abri sous leur parasol qui sert aussi de parapluie. Les plus riches ont une combinaison anti UV.


La peau du cauchois est très sensible aux rayons du soleil. Cela est dû à la rareté de ce dernier. Une peau qui ne connaît pas les doux rayons de l'astre de la vie brûle immédiatement. Je connais des enfants d'autochtones âgés de cinq ans, qui connaissent le mot soleil et qui ne l'ont jamais vu !

Le terme canicule, ici, est inconnu. Ce qui pose un problème aux caisses de retraite, le taux de mortalité des personnes âgées est dix fois moins important que dans le reste du pays. D'ailleurs, les hommes politiques des années soixante dix avait déjà cerné la catastrophe, et avait donc installé deux centrales nucléaires à proximité. Malheureusement pour eux, la pomme de terre cauchoise est un bon antidote contre les radiations, et les vieux vivent toujours longtemps.



Je suis un peu paresseux, je délaisse les travaux d'entretien du bateau. Veux-tu bien m'excuser Avel Vat ? Je préfère profiter de ma petite famille que je vais quitter dans quinze jours.

Actuellement, nous sommes trois à vivre dans le bateau. Louise, sa mère Anne So, ainsi que moi-même. Mes deux autres enfants sont avec leur mère. Nous sommes une famille décomposée recomposée.
Elle est belle la vie !
les trois petits cochons
                                                
Mon fils Vivien sera le seul à m'accompagner. Sa sœur ainée, Ninon, est davantage attirée par les copains et les copines que par les grands espaces. Elle restera avec sa mère et Jean, grand marin lui aussi. Louise et sa mère resteront aussi. Elles me rejoindront de temps à autre en fonction de mes escales.

La maman de Louise?


Pardon Capitaine.


A bientôt

mardi 17 août 2010

prix de la perséverance

Séverine, tu es toujours l'unique membre du blog, et probablement la seule lectrice. Pour cela, les Atlantix t'offrent un aller-retour Saint-Val Fécamp par force 7 ! Nous ne faisons qu'exaucer ton désir le plus intense. Cependant, pour te récompenser de ta fidélité, la traversée se fera avec ton âne préféré : Cadichon .

présentation du voilier

La pluie est là. Grâce à sa persévérance, j'ai détecté de légères infiltrations au travers de deux hublots.
       Plus le départ approche, plus de petites imperfections apparaissent. Hier, juste avant la vaisselle, le groupe eau (c'est tout simplement une pompe à eau) a déclenché une grève sans préavis. Une bonne charge de CRS a calmé l'émeutier.
       Il est certain que sur un bateau, le skipper doit avoir quelques connaissances de bricolage à moins d'être Crésus, mais au milieu de l'atlantique, je ne pense pas que cela change grand chose. Quoique ceux qui sont très riches ont du personnel qualifié.
Vivien poursuivant l'homme singe.

         Le départ approche et je ne vous ai pas encore présenté et décrit mon fougueux voilier. Je le flatte un peu, il est très susceptible. D'ailleurs, il n'apprécie p....

          Bonjour, je suis Avel Vat, je suis le fringuant voilier qui emmènera bientôt mon skipper et son fils au travers de l'océan atlantique. Veuillez m'excuser pour mon arrivée impromptue, je ne supporte pas les âneries que peut écrire Frédéric. Je lui ai donc confisqué son stylo, pardon son clavier.
           Je me présente, je suis un voilier de onze mètres. Mon ossature et ma peau sont en aluminium. Je suis à la fois solide et léger. Je ne suis pas un foudre de guerre, cependant je suis capble d'affronter le mauvais temps dans la joie et la bonne humeur. Malheureusement, mon équipage ne partage pas mon délire, et je ferme les yeux lorsque je le vois donner aux poissons la nourriture qu'il vient d'ingurgiter. Car vous, les humains, vous êtes tellement fiers que vous ne supportez pas d'être pris en flagrant délit de faiblesse.
            Combien de fois ai-je vu des marins se vanter de ne pas connaître le mal de mer devant vous, les femmes, adorables créatures, mais quelquefois impressionnées par le récit de tempêtes qu'ils ont soi-disant domptées. Moi je les vois encore pleurant leur mère et vomissant leurs trippes.
Les deux voiliers se ressemblent. Normal nous sommes fréres. En anglais, le terme est sister chip. Je suis en bas de la photo. En bleu le long du mat, c'est Vivien qui grimpe .
             Un conseil à tous les novices amoureux de la mer et aussi craintifs, prenez la météo avec votre skipper ou compagnon et exigez de ne pas sortir par plus de force quatre aux vents venant de l'arrière, et force trois aux vents venant de l'avant. Ainsi, vous êtes pratiquement certains de trouver une mer à peu près confortable. 
Je suis beau, n'est ce pas ?
 A bientôt, Frédéric va couper la liason interenet.

lundi 16 août 2010

le comportement du marin au port

Après de dures et âpres négociations, j'ai accepté de reprendre la plume en tant que nègre au service de Frederic Constant.


Nous sommes le lundi 16 août. Il est trois heures du matin. Le vent fort en soufflant m'a chassé de ma couchette en jouant avec les drisses mal étarquées des bateaux voisins (les drisses sont des cordes qui permettent de hisser les voiles). En général, je sors et j'y remédie.

Ce matin, j'ai la flemme. L'action impose de s'habiller, mettre un slip et une paire de chaussures : ça, c'est la version minimaliste ; ensuite, situer le fauteur de troubles, grimper sur le bateau responsable, trouver la bonne drisse et la bloquer. Le tout, dans des rafales de vent glacées. J'ai tendance à choisir la version minimaliste, et quelque fois encore moins. À trois heures du matin, je n'ai pas le courage d'entamer une telle expédition. De plus, j'ai un peu mal aux cheveux...

D'ailleurs, le marin a fréquemment mal aux cheveux. Cette douleur est plus répandue dans les ports à écluses, où le marin désœuvré de ne pas pouvoir naviguer à sa convenance, écluse quelques verres de réconfort. Le marin est avant tout un animal qui vit en troupeau et ne boit jamais seul. Dans les ports, avant les repas, une étrange cérémonie se déroule sous l'œil ébahi des non-initiés. Une meute de marins envahit l'arrière d'un bateau et remplit des verres qu'elle vide encore plus rapidement. L'apéro suivant s'organise selon le même cérémonial sur un autre bateau. Le marin ne boit jamais deux fois de suite sur la même nef. Ce comportement irrationnel a quelquefois des conséquences désastreuses. Le nombre de convives ne diminue jamais, mais la taille des bateaux, si. De frêles esquifs ont parfois chaviré par l'arrière, submergés par le poids des buveurs. Autre particularité, le marin ne s'éloigne jamais de son ponton pour se livrer à ce rituel. Un marin bagué, qui a servi pour l'étude, nous a permis de confirmer cette théorie. Il n'a jamais été plus loin que le ponton voisin. La seule fois où il a dérogé à la coutume, il a pris son annexe (engin gonflable et fortement instable à l'embarquement et au débarquement) qui a été retrouvé vide le lendemain matin. Ainsi, maintenant, vous connaissez la raison de la démarche chaloupée du marin.



J'ai finalement pris mon courage à deux mains, et j'ai attaché les drisses des bateaux voisins. Rassure-toi Jérôme, ce n'était pas Amadeus. Il est même un exemple pour beaucoup.



Séverine, en tant que première membre du blog, a gagné un aller-retour Fécamp avec trente degrés de gite !

Au prochain billet.

dimanche 15 août 2010

Naissance difficile d'un blog.

Bonjour,
J'écris bonjour car je ne connais pas la formule adéquate utilisée pour un blog. Bonjour ne semble pas l'expression appropriée, vu que vous pouvez consulter cette page à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit.
Bon blog,
Là non plus, la formule ne convient pas. Ecrire d'office bon blog est présomptueux. Rien ne prouve qu'il sera intéressant.



une hirondelle se reposant entre le continent et Ouessant.

Alors quoi écrire?
Aucune solution ne se présente.
Serait-ce la fin prématurée du blog?

Ici gît un blog mort prématurément.

Si le blog a une fin, il a forcément un début. N'est-ce pas extraordinaire ?
Donc il existe. D'accord, je reconnais que sa naissance est annoncée de façon un peu cavalière. Pour les irréductibles de la bienséance, je vais essayer de les contenter :

Par un beau jour d'été, c'est-à-dire pluvieux (nous sommes dans le pays de Caux, et ici le soleil est considéré comme une calamité), nous avons la joie de vous annoncer la naissance de : LES ATLANTIX. il pèse un certain poids et mesure une certaine taille.

Le blog ayant sa propre existence, je peux l'utiliser pour m'exprimer.

Mon fils et moi partons début septembre pour un périple d'un an qui correspond grosso modo à un tour de l'atlantique nord.
mon fils avec sa petite soeur

le capitaine: un visage irradiant d'intelligence.
Nous partirons de Saint Valéry en Caux en direction de l'Aber Wrac'h. Ce petit port situé dans un site remarquable est une base idéale pour attendre les vents favorables qui nous permettront de traverser le Golfe de Gascogne. Ensuite, nous longerons les côtes de l'Espagne, puis celles du Portugal. Madère, les Canaries et les îles du Cap-Vert seront nos étapes avant d'arriver aux Antilles. Lorsque le froid de la métropole aura pris le large, nous ferons la même chose et nous rentrerons via les Açores.

Je cesse d'écrire, ce n'est pas tout à fait exact. Mon nègre refuse de continuer. Monsieur désire une augmentation. Nous vivons dans un monde absurde où les pauvres désirent le même standing que les riches.