une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







mercredi 18 mai 2011

Réchauffement climatique.

Je soupçonne le vent d’avoir un frère jumeau. Il est impossible qu’un seul vent puisse souffler, pendant dix jours, sans interruption dans la même direction. Ils doivent obligatoirement se relayer. Un météorologiste a infirmé ma réflexion.
D’après lui, il n’a aucun frère jumeau. Ce sont ses enfants qui prennent la relève. Tout cela, évidement, c’est à cause du réchauffement. Le vent éprouve quelques difficultés à se reproduire dans les climats froids et humides. La ventesse, qui est comme vous l’avez deviné la femme du vent, ovule uniquement quand les températures dépassent les vingt degrés Celsius. Plus nous progressons dans le temps, plus la terre se réchauffe et plus les vents se reproduisent. Actuellement, toujours d’après l’éminent spécialiste, nous sommes dans une période favorable à l’ovulation multiple de la ventesse.
A ce rythme-là, Nous ne sommes pas prêts de traverser le golfe de Gascogne ou the bay of Biscay.
J’ai de suite pensé à la contraception. J’ai appelé mon ami Bernadette. Elle a trouvé que je poussais le bouchon un peu trop loin. A la rigueur une pinoche, mais un bouchon, je ne vois pas.
Par contre elle m’a rassuré, elle m’a dit de nous tenir prêts. Ce n’est pas encore sûr, mais elle est intervenue directement auprès de dieu, qui est, paraît-il complètement déborder par la nouvelle gestion du paradis. Il est totalement déprimé, et penserait  démissionner. Cette dernière nouvelle est à prendre avec des pincettes.
Revenons-en à nos moutons. La fenêtre sera très courte, et il ne faudra pas la rater. Le lobbying des gens du nord est trop important pour permettre, du moins pour l’instant, une alternance.
Donc, j’attends le coup du fil de Bernadette. Et dès que j’ai le feu vert, nous larguerons les amarres et voguerons vers le nord.
J’espère juste que la fenêtre ne sera pas au mois de décembre.

Je ne comprends pas, le correcteur n’accepte pas le mot ventesse. Pourtant je suis certain de l’avoir parfaitement orthographié.
A bientôt

mardi 17 mai 2011

Luttons contre l'immigration des blancs vers le sud.

Avel Vat a rejoint ses congénères. Il était tout frétillant d’avoir des nouvelles pièces. Il les a arrosées avec ses potes. Du coup, nous avons eu quelques difficultés à trouver le sommeil.
La pièce noire est le presse-étoupe (joint Volvo)

La pièce avec des boulons tout ronds et tout neufs, est le fameux tourteau.

Dire que j'ai fait le ménage à fond avant-hier.

Le chantier Marina Séca est surtout intéressant pour les personnes qui ne bossent pas sur leur bateau. Ilssont compétents.
Pour ceux qui veulent bricoler eux même, il n’est pas certain que le chantier accepte. Pour l’antifouling (peinture empêchant des petites bêtes de faire leur nid sur la coque), il est sûr que non.


Un des compagnons d’Avel Vat, est parti  ce matin de bonne heure. Son but est de rejoindre la France entre Brest et la Rochelle. Le voilier est un RM 10.50.
 Je leur souhaite une bonne Nav, et de longs bords de près dans une mer pas trop cassante.

Et nous ?
Sincèrement, j’aimerais que les vents s’inversent. J’ai téléphoné à Bernadette. Nous sommes devenus de très bons amis. Elle va essayer d’intervenir auprès des personnes compétentes. Elle ne me promet rien. Même dans l’au-delà, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient. Le Paradis, d’après elle, a été racheté par des sociétés privées. Dieu, point vénal, ne comprend rien, il est dépassé. Pour les vents, maintenant, il faut acheter des actions. C’est en fonction de la demande. Les vents du sud, actuellement ne valent rien. Ils poussent des embarcations pleines d’immigrés pas encore clandestins.
Oui oui. C’est une affirmation, et elle n’a aucun rapport avec le héros d’Enid Blyton. Beaucoup d’habitants du nord de l’Europe contactent leurs ancêtres, pour qu’ils bloquent la remontée des gens qui ne sont pas comme eux, qui n’ont pas d’argent. Mon dieux quelle horreur ! Les arabes, les nègres nous envahissent.  
Ce matin, Bernadette me racontait, qu’un groupe essayait de réactivé Charles Martel, afin qu’il réitère son exploit de 732.

Comprenez, que dans ce micmac, Dieu y perde sa rose des vents.

Entre parenthèse, j’ai tapé « nègre » avec une faute d’orthographe. Et bien dans le correcteur,  ce mot n’existe pas. Il n’a pas non plus de synonyme. Il est plus facile de bannir un mot que de trouver des solutions. Même Google ne vous le propose pas dans son moteur de recherche automatique.

Comme vous l’avez compris, les vents sont trop nord. J’attends encore un peu. Et si cela ne s’arrange pas, je tenterais le coup. Je parle à la première personne ; dans les navigations je suis le plus souvent, seul. Vivien m’assiste, mais à contre cœur. La navigation le barbe au plus haut point. Si jamais il m’arrivait un problème, je ne suis pas sûr qu’il ait les bons réflexes. Je veux bien remonter vers la France au près (allure au le nez du bateau est presque face au vent), mais dans un vent maniable où le pilote puisse bosser.
En mer, actuellement ça a l’air de secouer. Nous croisons quelques voiliers qui ont des avaries, rail de grande voile arraché, lors d’un empannage involontaire, voie d’eau dans un voilier qui tentait de rejoindre la France dans 25 nœud de vent au près. Il gitait et apparemment l’eau serait entrée dans les coffres, puis suivant un chemin tortueux aurait fini par soulever les planchers. Courageux et téméraires, ils sont repartis avec un colmatage provisoire et une pompe de cale qui ne fonctionne pas. Pour pallier la défectuosité, ils ont gonflé l’annexe et l’on accroché derrière. Ce n’est qu’une simple déduction de ma part. Je leur souhaite un retour sans incidents, et je passe un coup de fil à Bernadette afin qu’elle les protège.
D’autres, indépendamment du mauvais temps, et à l’abri dans la baie, ce sont retrouvé ancré involontairement. Leur hélice a attrapé une bouée de pêcheurs qui a stoppé le bateau. La bouée était reliée à des casiers qui ont servi d’ancre. Tout cela à trois heures du matin après trois jours de nav dans une mer cassante. Et en plus, ils sont encore très jeunes. Ils ont plus de soixante-dix ans.


A bientôt

lundi 16 mai 2011

Dernière minute !

D’ici, une heure, si tout va bien, Avel Vat flottera de nouveau. A midi, la pièce manquante est arrivée. J’ai bossé comme un… je vous le dirai lorsque le bateau flottera. Il ne faut pas tuer l’ours avant d’avoir vendu la peau.
Nous avons aussi retiré les pinoches ce matin. Les toilettes étaient de nouveau ouvertes.
A bientôt

Chers tous deux

Lundi matin, début de semaine. Horrible moment.
 Après un week-end tumultueux où j’ai fait la foire, je dois reprendre mon dur labeur quotidien afin de mettre des épinards dans l’assiette. Pour le beurre nous verrons plus tard.
Je suis en avance au bureau. Il est 8h54. J’en profite pour me connecter à internet et tchatcher avec mes amies et vous poster un petit mail. Il y quelques mois, tu es parti avec ton fils. Tous les matins en arrivant au boulot, je rêvais un peu. J’avais la surprise de découvrir où votre navigation vous avait déposés. Je voyais ainsi de nouveaux endroits, de nouveaux ports et de nouveaux pays.
Malheureusement, tu as changé la destination du voyage. Dommage pour mes rêves du matin.
Il est neuf heures et le chef de service est comme à son habitude pile poil à l’heure. Comment fait-il ? Ne serait-ce qu’avec l’irrégularité  des embouteillages, il est impossible d’arriver systématiquement à la même heure.
Avec mes collègues, nous avons essayé de le pister, afin de connaître son secret. Genre stationnement dans une rue adjacente, pour attendre l’heure propice. Que nenni, nous ne l’avons jamais pris en flagrant délit de tricherie.
J’espère que dans sa vie familiale, il est un peu moins ponctuel et plus ouvert. Je suis vache, si tout le monde était comme lui, il n’y aurait jamais de débordements, ni d’erreurs humaines, ni d’accidents. Il est méticuleux au possible. Les règles sont les règles. C’est un homme à case. Il convient parfaitement aux nouvelles technologies ; elles sont hermétiques à la fantaisie.
Lorsque j’ai écrit, qu’il n’y aurait jamais d’accident, je me suis fourvoyée. Il est capable de mourir dans son droit. Une priorité à droite reste une priorité, même si un quarante tonnes arrive à grande vitesse. Pour les passages cloutés, pardon les passages piétons, il est autant borné.
Bon, bien que tu subisses quelques avaries, je t’envie. Pas d’être en bateau, ce n’est vraiment pas mon truc.  
Bon je vous embrasse. J’ai mon chef de service qui râle. J’ai un peu dérapé. Un trait de stylo est légèrement sorti d’une case.
Rentrez rapidement, Anne Sophie est au bout du rouleau.

Une amie.

dimanche 15 mai 2011

Une suite retrouvée

Je viens de retrouver une clé USB. Dans cette clé, il y avait le texte qui narre la vie d’un cheval d’instruction.
Donc, j’ai rajouté la suite.
Attention le texte n’a été, ni travaillé, ni relu. Pour les amateurs de fautes de tout genre, c’est le moment de chiner.
La suite est tout en bas, contrairement aux messages.
En cliquant sur le lien qui suit: un-petit-bonus-pour-les-amoureux-des chevaux ou en cliquant à droute sur l'onglet qui porte le même titre, vous accèderez aux pages.
A bientôt.

Statu quo

Dimanche 15 mai.
Nous devrions être rentrés depuis dix jours.
Même si le chantier nous libérait, le vent nous maintiendrait bloqué contre les côtes espagnoles. Nous sommes du mauvais côté de la bosse. Une semaine qu’il souffle non-stop du nord au nordet.
Pour l’instant, à moins de greffer des roues à Avel Vat, nous sommes profondément ancrés.
Hier, nous avons profité de la fermeture du chantier pour nettoyer la carène au balais brosse. Je n’ai pas le droit de louer ou d’utiliser un nettoyeur haute pression.  
C’est la même société que la marina Corona où nous étions. Sur place il y avait aussi un ascenseur à bateau tenu par un club de voile. Un marinéros  fort sympathique, parlant couramment le français, m’avait déconseillé d’y mettre Avel Vat. Je l’ai écouté. Ai-je eu raison ou pas ?  Je le saurais prochainement. D’ailleurs avais-je le choix ?
Je me plains, cependant nous sommes restés à Figueira quinze jours pour rien.
 Les salariés du port ne comprennent pas que je puisse être fauché. Pour eux, le fait de s’offrir d’aussi longues vacances est un signe extérieur de richesse. D’ailleurs j’ai le même raisonnement quand je vois les nordiques avec leurs Hallberg Rassy et autres voiliers débarquer en France.
Il y a quatre ans, j’avais résolu seul le même problème en cinq jours.

Ce matin j’ai eu la preuve de l’existence de dieu.
Notre cher président, qui a une petite dent contre la laïcité, a été récompensé de sa ferveur. Le président du FMI est accusé de viol. Notre cher Nicolas a la voie libre pour 2012.
 Peut-être est-ce lui dieu ?



samedi 14 mai 2011

Punition

Samedi, début du week-end. Deux jours d’abstinence de toilette. Vivien et moi-même sommes dans l’obligation d’utiliser les pinoches. Le Petit Robert ne propose aucune définition. Ce sont des pièces en bois  coniques qui servent à boucher une fuite lorsqu’un passe-coque cède ; pièce qui traverse la coque ; elle sert au passage de l’eau de mer et aux eaux usées.
Avel vat est un peu comme nous. Il a des orifices pour se nourrir et d’autre pour évacuer. Nous pourrions appeler la bouche, un passe-peau.

Hier, j’ai appris que mardi était un jour férié en Galice : Journée des lettres galiciennes. J’espère qu’ils recevront la pièce manquante lundi matin, afin que le bateau retourne à l’eau au plus vite. Ici, les rencontres sont inexistantes.

Aujourd’hui, la chance est avec vous. Aucune idée ne sort de mon esprit fébrile et tordu. C’est le calme plat.
 Peut-être, est-ce Bernadette, qui dans son sommeil éternel à Nevers, a entendu les âneries que je professais ?
- Voulez-vous bien me pardonner, Sainte Bernadette. S’il vous plait, pouvez-vous me rendre l’imagination que vous m’avez confisqué.
Bernique ! Ma punition ne cessera que lorsque j’aurais l’âme aussi pure que l’eau de roche. Adieu imagination.

Hier, j’ai laissé Vivien à ses cours et comme prévu, mes nu-pieds m’ont amené au supermarcado Gadis. A la Corogne il n’y a que cette enseigne.

J’entre, je prends un panier à roulette et me dirige vers les rayons. Mon premier choix est une douzaine de canettes de coca. Oui, hier je vous ai menti. Le verre, la canette et le joint  caoutchouc ne se sont pas reproduit. Le pack est en promo. A côté une dame d’un certain âge, l’air autoritaire, prends la même boisson, mais en conditionnement de un litre cinq. Ensuite je me dirige vers le rayon boucherie. J’y prends un ticket avec un numéro. L’attente ne sera pas longue. Il y a juste une personne et demie devant. Non ce n’est pas un nain. La personne en était à la moitié de sa commande à mon arrivée. Pendant ce temps, non interminable, je mate les rayons attenants. Les yeux détectent des bières belges. Je fais une syncope. Je suis ranimé grâce à la présence d’esprit d’une vielle dame qui a été infirmière pendant la guerre d’Espagne. Elle perfuse en urgence deux bouteilles de bière belges.

La suite des courses est noyée dans un brouillard.  Ici le brouillard est tellement dense qu’il pénètre dans les habitations. Vivien, prévoyant avait glissé dans le sac à dos la balise moucharde. Ainsi, il m’a récupéré errant dans les landes galiciennes.

Tout ceci n’est que la stricte vérité.