une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







mardi 16 avril 2013

Retraite



Nous sommes le week-end. Vous n’êtes pas en week-end !!! Vous me couper la chique. A cause de vous mon crachat perdra de sa  consistance et sa couleur marron qui provoque une montée de libido chez les mouches à merde. J’ignorais que sur la terre il pouvait y avoir un tel décalage horaire. Je ne m’étendrai pas sur les phénomènes spatio-temporels, car je suis un ignare en la matière. Donc je suis le week-end.
Comme d’habitude, je suis en retraite dans un monastère, toujours le même. Mais cette fois ci, j’y suis seul. La dernière fois, le petit dernier y a fait tant de dégât, qu’il voulait l’excommunier alors que mon fils n’est pas baptiser. Je ne sais pas qui est "il" ? C’est peut-être Lui. Cela me rappel, lorsque mon grand fils était un peu plus jeune, il prononçait à la place de traumatiser, l’expression trop baptiser. J’ai toujours considéré qu’il y avait une part de vérité dans ce lapsus linguistique.
Pour l’instant je ne suis pas trop baptiser. Je profite du silence pour communier et me rapprocher de l’essence divine qui est pour nous, simples mortels plus accessible que l’essence sans plomb.
 Dans notre société moderne où l’interaction est omniprésente, l’homme n’a plus la possibilité de s’extraire de cette masse hyper active. Il est un neurone, un octet. Il n’est plus lui. Même sa déconnection du système n’enraye plus la machine ; il est aussitôt remplacé. L’être matériel et unique s’efface au profit d’une immense architecture virtuel où l’homme œuvre vers le même but. Ce but ne laisse aucune place à l’altruisme qui est détecté et détruit par des anti-virus sociaux.
Seul face à l’envahisseur, résiste un petit village. Pardon, je suis pris en flagrant délit de plagiat. Isolé au milieu d’un marécage subsistent un monastère où de jeunes et beaux moines accueillent les  chiens infidèles des nouvelles technologies.
La nuit dernière, le même moine qui avait pris sous son aile ma femme lors de notre précédente visite, m’a initié à la mise à nu de l’âme. Sa grande douceur et son éternel patience ont délivré le souffle de la vie de son carcan sociétal et j’ai atteint l’extase.
Malheureusement, le week-end touche à sa fin et je n’ai plus rien à toucher. Je vais devoir me reconnecter et œuvrer à la réussite des nouveaux seigneurs sans moral qui ont discrètement usurpé les pouvoirs divins.

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