une petite précision s'impose


Ce blog de voyage, conçu pour raconter notre périple en voilier, s’est transformé progressivement en un blog hébergeant des articles hétéroclites. Ils sont les récits d’autres périples, plus cérébraux que physiques.
Ma compagne préfère ce style de voyage. Une préférence extrémiste, je suis enfermé à double tour dans un cabinet noir. Seul un clavier lumineux me permet de communiquer avec le monde extérieur.







vendredi 6 mai 2011

Inintéressant


Des personnes se sont inquiétées des risques que j’avais pris avec  mon fils. Rassurez-vous. Nous n’avons pris aucun risque. Aucun bateau n’a coulé pour un presse étoupe qui fuit. Sauf au port, quand le propriétaire est absent.
Cependant, la fuite devenait conséquente. Le moteur et les organes électriques étaient aspergés d’eau de mer. Les connections électriques adorent.

Dans un article précédent je parlais de l’effet boule de neige.
L’autre soir en rentrant sur La Corogne, en démarrant le moteur je me suis aperçu que l’eau de refroidissement n’était plus rejeté, donc par une longue déduction et une réflexion très approfondi. Je me suis dit ;
- Si l’eau ne sort pas, c’est qu’elle n’entre pas.
Il devait y avoir un OFNI qui bouchait l’entrée  d’eau. Le filtre était propre. Prévoyant, à bord j’ai un long câble qui sert à déboucher les tuyauteries et autres moyens d’évacuation d’une maison traditionnelle. Le problème a été résolu en cinq minutes et n’avais aucun rapport avec le presse étoupe.
En bateau nous sommes exigeants. Nous râlons quand l’eau de mer pénètre et nous pestons quand elle n’entre plus.
Cet incident a confirmé qu’en navigation, il est prudent de partir avec zéro problème. Car ils n’ont pas besoin de l’intervention humaine pour naître.

J’ai eu aussi un coup de téléphone de Rome. Le Pape voulait une confirmation de notre rencontre avec dieu. Car notre aventure entre dans la catégorie des miracles. Cependant lorsque je lui ai décrit Dieu. Il m’a raccroché au nez.
Oui, hier, j’ai oublié de préciser que dieu était tout vert avec des antennes partout et des yeux aussi. Je lui avais part de ma réflexion,  il m’avait répondu :
- Bande de petits mécréants, vous vous croyez les seuls dans l’univers. Il y d’autres vies, et des vies autrement plus intéressante que la vôtre. Là-bas, je ne suis pas un prétexte pour exterminer ou asservir. Vous ne croyez pas en moi, Vous vous servez de moi. Donc, je suis leur image.
Je cesse de retranscrire ses commentaires désobligeants. Dieu ne connait pas suffisamment l’homme pour se permettre de le juger.  Nous sommes ce que nous sommes.  Nous ne voulons que le bonheur de nous-même. Les autres, ils n’avaient  pas  à naître là, où ils sont nés.

Je viens d’apprendre que Maïna, Marine et Jean Claude était arrivé en France sans problème.

PS : Quelqu’un pourrait prévenir la mère de Vivien, qui nous attend toujours à Camaret.




jeudi 5 mai 2011

Mystique.



D’où nous sommes, nous avons le plaisir d’assister en direct à l’évolution de la fenêtre météo que nous devions emprunter. Elle se bonifie avec le temps. Elle a la configuration parfaite pour rejoindre la France dans le calme, la vélocité et la sérénité. Une fenêtre comme celle-ci ne doit apparaître que tous les dix ans.
 Nous ne sommes pas dessus. Nous avons juste flirté avec le commencement. Notre route était parallèle à la côte pendant une soixantaine de milles. Avel Vat a navigué voiles en ciseau pendant trente milles avec le régulateur d’allure : le pied. J’ai même hésité à continuer. Cependant les fichiers météo prévoyaient une zone de calme de 24 heures où le moteur aurait donné de la voix, et la voie d’eau aurait  amplifié. J’aurais peut-être dû. Le vent a forcit lorsque j’ai vu la voie d’eau. N’étais-ce pas la main de dieu qui nous poussait et qui disait :
- Allez mes petits, je veille sur vous, continuez, continuez.
Nous l’avons écouté. Puis au milieu du Golfe de Gascogne, la voie d’eau a pris une telle importance que le bateau a soudainement coulé. J’ai donc interpellé notre Seigneur :
- Oh ! Oh ! Dieu, vous aviez dit que vous nous protégiez.
- Soyez sans crainte mes enfants, je suis là. Il ne vous arrivera de grave.
- Mais ! Nous nous noyons !
- Vous pensez vous noyer. Je préfère tout simplement vous avoir près de moi, ainsi vous serez à l’abri de toutes sortes d’accidents. Vous ne sentirez plus les tourments qui perturbent la vie des êtres sur terre.
- Pardon, j’ai des enfants, une femme qui m’aime et que j’aime. Vivien a sa maman qui l’attend à Camaret.
- Ne me parles  pas de Camaret ! J’ai un représentant que se promène toujours avec une partie à l’air.
- Pardon mon seigneur. Je ne parlerais plus de Camaret. Par contre, ce n’est pas une partie, mais deux.
- Tu es sûr ! J’ai créé l’homme et je sais qu’il en a qu’une.
- Je vous promets que non, d’ailleurs, la preuve, j’en ai deux.
- Exact. Je ne comprends pas !
 - Il  y eu  une mutation. Deux, permettent de faire balancier. Excusez-moi, mais mon fils et moi nous  désirerions rejoindre notre famille.
- Vous les verrez très prochainement, dans un quart d’heure ils seront avec vous.
- Laissez les vivre.
- t’inquiètes, ils vivront leur vie entière sur terre. Ici c’est la vie éternelle, alors la relativité du temps nous nous asseyons dessus. La durée n’existe pas.
- Mon seigneur, nous ne méritons pas votre protection. Je connais des personnes plus dignes et plus humbles qui accepteraient sans problèmes de se réfugier sous vos ailes.
- Qui ça ?
- Par exemple, les banquiers. Vous les reconnaitrez sans problème, ils ont de grosses maisons, de grosses voitures, de gros bateaux, de gros avions, un gros portefeuille et un tout petit cœur. Il n’y a pas qu’eux. Les hommes politiques ont des problèmes avec leur garde rapprochée. Votre protection leur sera bénéfique.
- Qu’est-ce un homme politique ?
- C’est un homme qui s’aime. C’est un marin exceptionnel, il va toujours dans le sens du vent. Il est aussi capable de parler pendant des heures pour ne rien dire. Il détient la vérité, la vraie. Un politique, rien que par les paroles à le pouvoir de fermer les parapluies de l’assistance alors qu’il pleut averse.
- Un faiseur de miracles !
- En quelques sortes. Il a une extraordinaire force de persuasion. Il a la possibilité de faire croire qu’une assiette est pleine, alors qu’elle est vide.
- Mais ! C’est un menteur. Hors de question qu’ils viennent chez moi.
- S’il vous plait, ce sont de pauvres hommes ; ils ont le cœur sur la main. D’ailleurs à chaque élection ils désirent le bien-être de tout le monde.
- En es-tu certain ?
- Oui. J’échange ma protection contre la leur. Vous verrez, ils sont d’une compagnie agréable.  
- Bon, j’accepte. Cependant, je suis incompétent en mécanique. Alors je vous dépose à la Corogne.

Juste le bruitdu vent et des vagues. c'est génial.

Les isles Sisargas



La pièce à changer est commandée. A Figueira, je n’ai jamais eu la certitude de quoi que ce soit. Pour l’instant nous attendons qu’elle arrive

Je suis foutu, nous sommes le cinq mai. La date butoir de mon retour auprès d’Anneso. Pauvre Ferdinand, il va être obligé de peindre et de vivre avec ma moitié. Je le remplacerais quand il voyagera.
Ce con a horreur des voyages !


mercredi 4 mai 2011

Nous n'avons jamais été aussi près !


Notre destination initiale était la France. Malheureusement, le presse étoupe nous a rappelé son existence en laissant pénétrer dans le bateau quelques litres d’eau par heure. Par prudence j’ai préféré nous dérouter vers La Corogne.
Vivien et moi, nous avons les « boules ». Je pense que de l’autre côté du Golfe, Anneso, Louise et sa grande sœur Ninon qui veut toujours se marier avec son papa, ressentent le même symptôme. La maman de Vivien aussi, mais elle ignorait que nous étions partis. Sinon elle aurait attendu son chouchou d’amour à Camaret.
J’ai hésité avant de prendre la décision de faire une escale technique. Dieu dans sa grande miséricorde, avait exhaussé mes prières, et avait construit de ses mains une fenêtre inaltérable à l’air salin. Nous sommes zen, nous subissons les aléas du voyage avec philosophie.
Le problème de la philosophie est, qu’elle n’a aucun effet sur le presse étoupe et le vent. Comme équipière elle est nulle. Elle est incapable de tenir un quart. Par contre elle vous tient compagnie la nuit. Ainsi, à la fin du voyage, vous avez plus de question sans réponse qu’au départ.

Nous souhaitons une bonne traversée à Maïna, Marine et Jean Claude.


lundi 2 mai 2011

Préparation du grand retour

Nous sommes actuellement à Portosin, à quinze milles du cap Finistère. Nous sommes en attente de la fenêtre météo en béton massif et armé, résistant à l’eau de mer.
Les prévisions météo sont parfaitement fiables, cependant elles ont sont altérables par l’iode.
A terre, le vent correspond fréquemment au bulletin météorologique. Sur la mer, rien ne se passe comme prévu. Le vent souffle toujours dans les sens contraire de votre route. Vous descendez de bateau, et hop, le vent reprend la direction gentiment recommandée par les prévisionnistes.
Au Portugal, les prévisions sont vraiment mises en pièce par l’air marin. Est-il plus agressif là qu’ailleurs ? Est-il plus chargé en iode ? Je ne pourrais pas éclairer votre lanterne, je n’ai plus de feu.
Entre Cascais et Péniche, j’ai vu des éoliennes le long de la côte subir un vent de sud-ouest, pendant que nous à deux milles de là nous essuyions un vent de nord.

Nous avons rencontré un couple voyageant avec une fille de l’âge Vivien. Vivien, qui n’a pas vu d’enfants de son âge depuis belle lurette est comme un chien fou. Ce qui tombe bien, car sa copine a aussi un chien. Ainsi elle promène les deux.

Je vous quitte car je dois préparer le bateau pour la traversée.

Navigation de nuit.
A tribord, un troupeau de dauphins.
A babord une des plus belles côtes de Galice

Vivien apportant sa contribution au repas.

Entrée de Aveiro

Avel Vat au mouillage.

Le capitaine dans son élément préféré

Vivien dans le sien: les rêves

Aveiro, Paova. Avec du retard

Je n’ai aucune animosité envers les portugais. Je suis sincère. Ils sont accueillants, généreux, bons. Cependant, je hais leurs moustiques. Ils n’ont rien de comparable à nos moustiques nourrit au lait cru. Ceux du nord de la France, ceux du sud, parait-il, sont terribles, surtout les camarguais. Nos moustiques sont bien gras, bien visibles, ils sont une cible facile pour une charentaise ou un magazine féminin.
Les portugais, les moustiques évidemment, pratiquent la technique du camouflage. Nous étions ancrés à proximité d’une base militaire. Cela a peut-être un rapport. Ils sont aussi spécialisés dans la reproduction rapide. Vous en tuez un, dix rappliquent, avec le désir de venger leur maman. A moins qu’ils aient des liens de parenté avec de l’hydre de Lerne.
Ils sont minuscules, est-ce dû à la crise qui sévit au Portugal ? Petit mais vigoureux. Je les soupçonne de se shooter aux répulsifs.
Ma charentaise s’est trouvée démuni face à tant d’adversité. Nous avons vaincu, le dernier a succombé au moment du réveil.
L’absence de magazine féminin a renforcé l’adversité.

La navigation d’hier, a permis d’aérer de nouveau les draps. Ils ont appuyé le moteur, nous avons même eu droit à deux heures de navigation à la voile ; un pur bonheur. Aujourd’hui, je pense que nous ne bougeons pas. Des cours du CNED à envoyer et divers babiole.

mercredi 27 avril 2011

Scoop. Figuéira, Aveiro.

Nous avons navigué à la voile. Les deux triangles blancs ne sont pas des draps qui sèchent. Ils servent accessoirement, à propulser le navire. Aujourd’hui, ils l’ont bien propulsé. Ca a pulsé fort.
Evidemment au près, mais sans tirer des bords (sans zigzaguer). Le vent a flirté (le cochon) avec les 28 nœuds, puis a accepté de devenir plus maîtrisable. Cependant, il est resté galopin. Un coup 12 nœuds, dix secondes après 20 nœuds. Au début je déroulais, puis enroulais le génois, prenait le deuxième ris (réduire deux fois la voile) puis le retirait. Ce cochon attendait que j’aie terminé les manœuvres pour changer de tout au tout. J’ai arrêté de jouer avec lui. Ainsi Avel Vat était sous toilé lorsque le vent faiblissait, et sur toilé lorsqu’il forcissait.
Evidemment le pilote automatique, vieillissant, n’a pas supporté les facéties du vent, il a boudé. Nous nous sommes donc relayé avec Vivien à la barre.
Nous faisions fréquemment des pointes à plus de six nœuds, performance honorable pour un bateau conçu pour le portant.
Le vent, mauvais joueur, n’a pas accepté que je cesse de faire le singe en pied de mat, à quatre mille de l’arrivée, il s’est esquivé.
Une heure et demie de moteur et un litre d’eau dans la cale. Oui oui, vous avez bien lu, il n’y a pas eu de réparation. Je n’ai pas le courage de vous expliquer, mais, nous étions très contents de quitter Figueira.
Aujourd’hui, nous sommes ancrés.
Demain, normalement nous remettons ça, en espérant que le matin le vent veuillent bien jouer avec nous comme aujourd’hui. L’après-midi, de toute façon, il est systématiquement pile poil dans le nez. J’essaye de m’arranger pour arriver avant.
A bientôt.

dimanche 24 avril 2011

Filets et vagues à vendre. Cherche ballon jaune disparu en mer.


Nos voisins, irlandais, viennent de partir. Ils doivent être à Dublin début de semaine prochaine. Hier, ils ont tenté une sortie, mais ça ne passait pas. Je leur souhaite bon courage. Ici c’est la pétole, mais un peu plus au large, ça souffle nord et il y encore une belle houle.
Nous prenons notre mal en patience. Dès que la météo est clémente, c'est-à-dire vents favorable, nous filons vers le nord, même si la pièce n’est pas changé. Il semblerait qu’au milieu de la semaine des vents faibles et « peut-être portant » je n’ose pas y croire, nous permettraient de grignoter quelques milles. 


Les photos  montrent les progrès que nous avons faits en dix ans dans la propreté de nos plages. Ici, la prise de conscience commence seulement. Les pêcheurs continuent allégrement à considérer la mer comme un dépotoir, ainsi que de nombreux pratiquants de loisirs nautiques.
Je n’invente rien.  Les portugais inquiets pour leur environnement le racontent. Malheureusement les photos prouvent la triste réalité. La plage n’est pas isolée en pleine nature, elle est la plage de Figueira da Fos. Trois cent mètres derrière les photos, se trouvent l’hôtel Mercure ainsi que le casino.
Lorsque nous faisions les imbéciles dans les déferlante, deux fois des ofnis (objet flottant non identifié) ont caressé brutalement nos jambes. Après, le choc, évidemment ils n’étaient plus des ofnis.
Lorsque je vois l’amas de cordage et de filet entremêlés, je pense à Avel Vat empêtré dans ce piège. J’en frissonne. Toujours d’après des portugais, des chalutiers se prennent tous les ans dans les filets jetés à la mer.
J’ai déjà vu en France près du ras Barfleur et une autre fois près du chenal du Four des filets déchiquetés flottant. Cependant la proportion est moindre.
Par contre, les pêcheurs sembleraient plus respectueux des plaisanciers. La raison est sûrement que le nombre est moindre qu’en France. Je comprends les pêcheurs qui après une journée ou plusieurs en mer, n’ont pas envie de se dérouter pour laisser passer des plaisanciers sûrs de leur bon droit.
Si tout le monde y mettait du sien, tout irait bien. Cependant ce type d’attitude ne correspond pas à l’être humain. Sinon la terre serait le paradis. Concept inquiétant pour les religions. Elles n’auraient rien de génial à proposer après la mort.


Nous arrivons à creer notre paradis, il suffit parfois de regarder du bon côté.  


Il s'échappera une nouvelle fois, et nous ne le verrons plus. Il était trop épris de liberté.





A bientôt